Chaque heure, où je songe à ta bonté Si simplement profonde, Je
me confonds en prières vers toi.
Je suis venu si tard Vers la douceur
de ton regard, Et de si loin vers tes deux mains tendues, Tranquillement,
par à travers les étendues!
J’avais en moi tant de rouille tenace Qui
me rongeait, à dents rapaces, La confiance.
J’étais si lourd, j’étais
si las, J’étais si vieux de méfiance, J’étais si lourd, j’étais si
las Du vain chemin de tous mes pas.
Je méritais si peu la merveilleuse
joie De voir tes pieds illuminer ma voie, Que j’en reste tremblant encore
et presque en pleurs Et humble, à tout jamais, en face du bonheur.
Emile Verhaeren, Les Heures Claires, 1896.
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